SECONDE: troubles dans le genre.


 Bonjour

Avec un peu de retard sur les espoirs que je vous avais donnés, voici la transcription du cours de la semaine dernière. 
Je précise les questions relatives au genre dans Some like it hot, et vous donne ensuite des éléments pour réfléchir sur cette thématique dans Tomboy, que nous étudierons si nous continuons les cours ensemble.

Certains l’aiment chaud (Some like it hot), Billy Wilder


1) la question du genre cinématographique



un grand nombre de genres sont convoqués dans cette comédie :

- sous-genres du comique : burlesque (comique du corps), comédie romantique, comédie musicale

- film noir : stéréotypes présents = image contrastée, milieu de la pègre, personnages principaux obligés de sombrer dans l’illégalité.



Première séquence :

on croit être dans un film noir car on est de nuit, l’image est fortement contrastée, on commence sur une infraction à la loi.

On passe dans la comédie quand on découvre les bouteilles. Mais il y a des indices de caricature dans la représentation de la pègre.



=> deux genres cinématographiques sont convoqués ensemble : on continue avec une course-poursuite (code du film noir), tout en développant le régime de la caricature, du burlesque, de l’excès et du décalage (entre enterrement et boîte de nuit).



2) la question du genre



Le déguisement permet de mettre à nu les rapports de genre, en projetant deux hommes dans la peau de deux femmes : le comique qui en résulte est aussi un moyen de dire tout haut ce que les hommes pensent tout bas.

Séquence de l'arrivée au train:



la surprise, et donc le comique, sont créés par le raccord: dans la  séquence précédente, on a seulement appris que les personnages avaient une solution extrême, et une voix bizarre pour l'annoncer. Tout prend sens quand on les voit arriver habillées en femmes.
Mais l'intérêt de la séquence ne repose pas seulement sur le comique. Le masque, le travestissement, sont ici un moyen pour Billy Wilder de semer le trouble dans les représentations de genre.
- Tout d'abord, ce qui frappe, c'est combien un homme peut ressembler à une femme une fois grimé: si Jack Lemmon ressemble à un homme déguisé, Tony Curtis est très crédible. Le comble venant du fait que c'est Jack Lemmon qui reçoit une main aux fesses: finalement, même lui est crédible!
- Ce premier trouble semé dans l'esprit du spectateur, déjà plus tellement certain que la frontière entre homme et femme est si évidente, est approfondi par une nouvelle charge: ces hommes devenus femmes font l'expérience pour nous de la porosité des genres. Ils découvrent qu'être femme, ça s'apprend (elles ne sont pas "une espèce à part") et que c'est douloureux (il faut avoir froid, être habillé sans souci du confort et recevoir des mains aux fesses).
Cet apprentissage va se faire durant tout le film: pour les deux hommes plongés dans cet échange perturbant de genre, et de fait pour le spectateur qui s'identifie.

On voit donc que les deux problématiques vont de pair: c'est parce que le film commence en brouillant toutes les frontières (entre genres, entre gentils et méchants, entre vrai et faux, que la frontière la plus politique peut sauter ensuite, les hommes et les femmes rejoignant dans ce film un vaste continuum. On peut être plus ou moins masculin, plus ou moins féminin, et changer de genre comme de chemise.


A propos de Tomboy



Vous vous demanderez pour préparer le cours

1) Comment sont définis les genres masculins et féminins dans le film? que font les femmes/filles pour être reconnues comme telles? que font les hommes/garçons en face?
2) Comment Laure devient-elle Michaël? comment elle et la réalisatrice rendent-elles sa nouvelle identité crédible? 
3) Comment comprendre la fin?

analyse de séquence: nous nous pencherons sur la révélation liée au bain 

http://www.transmettrelecinema.com/film/tomboy/#video
vous pouvez la préparer en étudiant la question du masque, du travestissement, de l'autorité. Comment ces trois thématiques introduisent-elles le trouble dans le genre?

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